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La Terre absorbe 4,5 milliards de tonnes de carbone par an, alors que l’Humanité en émet plus de 10 milliards. Chaque année, plus de 5 milliards de tonnes de carbone s’accumulent dans l’atmosphère, portant la concentration en CO2 atmosphérique actuelle à plus de 380 ppm, soit 30 % de plus qu’en situation naturelle. Il est indispensable de diminuer nos émissions de GES car :
77 % des émissions de GES sont du CO2

L’énergie fossile est issue de la dégradation de ressources naturelles végétales (matière organique) « fossilisées » au cours des temps géologiques. Le composé de base, le kérogène, évolue en fonction de différents facteurs de pression et de température, en pétrole (liquide), en gaz (gazeux) ou encore en charbon (solide).
Nous nous dirigeons irréversiblement vers une diminution des ressources fossiles. Pourtant, cet épuisement ne suffira pas à enrayer les changements climatiques. Si l’on suppose que la croissance actuelle de la demande en énergie peut être assouvie par toutes les énergies fossiles, nous avons encore environ 220 ans de charbon et 75 ans de gaz naturel et de pétrole. Si, d’ici 2030, l’énergie fossile reste la source prépondérante d’énergie, la croissance mondiale de la demande en énergie étant de 2,5 à 3 % par an (de 1,5 % dans les pays développés, à 8 % à 11 % dans les pays émergents), les émissions de GES devraient augmenter de 40 à 110 %.
Pour des émissions constantes, l’augmentation de la température moyenne à la surface du globe est estimée à + 0,6 °C (+ ou – 0,3°C) par le SRES (rapport spécial du GIEC). A titre de comparaison, la différence de température entre une phase glaciaire et une phase chaude est comprise entre deux et quatre degrés de température moyenne.
Le « scénario catastrophe » (référencé A1FI par le GIEC), soit la continuité de la tendance actuelle, envisage une élévation de la température du globe à + 4°C (+ ou – 1,5°C) en 2100. Pourtant, seules 50 % des ressources fossiles encore disponibles auront été consommées.
Il est donc incontournable de décider maintenant de réduire drastiquement notre consommation en énergie fossile et de trouver des alternatives
D’un point de vue économique, l’énergie fossile est surabondante, mais ne tient pas compte de l’imminence du pic pétrolier (ou pic de Hubbert). En effet, la production de pétrole atteindra un maximum, prévu en 2010 par l’ASPO (Association for the Study of Peak Oil and gaz), en 2015 par Bauquis (ingénieur ENSG et ENSPM) et en 2020 par les grandes compagnies pétrolières (Shell, Total…).
Les quantités de pétrole découvertes chaque année diminuent et depuis plus de trente ans, la demande tend à dépasser l’offre
La répartition des ressources en énergie est inégale à la surface de la planète. L’essentiel du charbon est détenu par l’ex-URSS, l’extrême orient, l’Australie et l’Amérique du Nord. Pour le gaz, deux géants détiennent le quasi monopole de la production : l’ex-URSS et le moyen orient. Le pétrole provient essentiellement du Moyen Orient, et, en moindre quantité, d’Afrique et d’Amérique du Sud. 56 % des gisements d’uranium exploitables sont concentrés dans trois pays : le Kazakhstan, l’Australie et le Canada.

Ces disparités géographiques sont des armes politiques pour les pays producteurs. L’essentiel de l'économie repose sur l’usage d’énergies fossiles. Une pénurie ou l’augmentation brutale de leurs coûts pourrait entraîner de graves famines, des guerres, un stress hydrique volontaire (assèchement de cours d'eau), des conflits pétroliers et gaziers, des vagues de migrations importantes… Dans le cas d’une production inférieure à la demande, le choc ne sera pas seulement économique et social, mais il sera physique. Les solutions techniques et de gestion d’un tel scénario sont encore méconnues.
Effet de serre additionnel et pollution atmosphérique
Les émissions de GES anthropiques sont déjà la source d’un bouleversement climatique visible. La durée de vie de chaque GES dans l’atmosphère est variable, ce qui rend plus ou moins efficace l’action de chacun :

Leur longue durée de vie montre à quel point l’Homme a durablement modifié l’équilibre atmosphérique naturel.
Contrairement aux GES, les polluants atmosphériques s’estompent et se recyclent assez facilement lorsqu’il n’y a plus de source d’émission. L’inertie du système et son temps de réactivité est moins long.
Le mot « nucléaire » suscite de la peur chez les uns et de la passion chez les autres. L’énergie nucléaire souffre de cette division car il n’existe pas, autant chez les pro-nucléaires que chez les anti-nucléaires, un véritable débat sur les enjeux des usages d’une telle source d'énergie. L’opinion publique y est très peu favorable, alors que les dirigeants des pays industrialisés la soutiennent. L’utilisation de l’énergie de l’atome est pourtant la source de nuisances certaines, ce qui soulève la question du devenir et du stockage des déchets radioactifs, de l’impact écologique et des risques de prolifération et d’actes de malveillance. A l’heure actuelle, nous n’avons pas le recul suffisant pour évaluer, études scientifiques à l’appui, l’incidence exacte et globale sur l’environnement et sur la santé des usages de l’énergie nucléaire.
Le manque de connaissances et d'études sérieuses sur les risques du nuclaire civil nuisent au débat
Les barrages hydroélectriques ont longtemps été considérés comme neutres sur le climat, car il s’agirait d’un mode de production d’énergie électrique sans émissions. Toutefois, des chercheurs ont mis en évidence que l’usage de ce type d’énergie en région tropicale est fréquemment plus émetteur de GES qu’une centrale traditionnelle au charbon ou à gaz. A cela s’ajoutent les désastres écologiques (destruction d’habitat et de niches écologiques) et les problèmes de migration des populations. Le barrage de Trois-Gorges, en Chine a nécessité le déplacement de deux millions de personnes. De plus, la sécurité d’un barrage est parfois difficile à maîtriser. En 1959, le barrage de Malpasset a cédé sous l’effet de fortes pluies et a ravagé la ville de Fréjus, faisant plus de 423 morts.
La combustion de la biomasse (bois, charbon de bois, huiles végétales, excréments…) est source de pollution au même titre que le charbon. Ces risques sont d’autant plus forts que la combustion est incomplète et augmentent avec la vétusté de la machine ou du moteur. Dans les pays dits « industrialisés », des normes antipollution draconiennes de combustion ont été imposées (moteurs et les machines, chaufferies au fioul, au gaz, au bois-biomasse…). Cependant, dans les pays émergents, où la biomasse est la seule source d’énergie disponible à faible coût et les appareils peu performants, les accidents et les intoxications restent fréquents.
De nombreuses activités humaines impactent sur l’environnement. La déforestation est responsable de plus de 18 % des émissions de GES additionnelles. Dans le Pacifique Nord, une vaste étendue de déchets plastiques, « le 7ème continent », s’agrandit de jour en jour.